mardi 17 mars 2015

Shrine of New Generation Slaves (ou l'échelle de Jacob de l'information)

L'une des choses qui me chagrine de nos jours est cette tendance qu'on les médias d'informations de traiter la dite information  comme un produit de consommation tel que TF1 pourrait le proposer.
La mort (à priori accidentelle à la vue des divers témoignages et images ayant filtrées) de 3 champions sportifs (et de 5 techniciens de télé-réalité.... et accessoirement deux pilotes argentin) déchaine les passions des médias depuis le début de la semaine dernière.






Alors établissons bien que chaque mort est tragique et que chaque personne est plus ou moins touché de part la proximité que l'on a avec une personne. Si votre voisin meurt ça vous touchera plus que le petit enfant africain au Rwanda, quand bien même vous ne connaitriez pas votre voisin.




Alors que cela fait quelques ours que l'on reparle de cet accident et de ses trois principales victimes, peu de temps auparavant un français de 30 ans a été tué par balles dans un attentat à Bamako.


On est loin de Charlie Hebdo, la personne décédée est probablement une victime collatérale.
Mais il n'en reste pas loin que nous avons une victime du terrorisme qui a ébranlé notre pays en Janvier.


Et c'est là que le bât blesse.
Notre système d'information instaure forcément une échelle de priorité dans les informations.
Ici pendant une semaine nous avons eu des headlines sur le crash de l'hélicoptère, les sportifs morts... Et oui la question n'est pas de savoir si c'est tragique, si ça nous touche ou non. A chacun d'être touché.
Mais ceci me pose de nombreuses questions.
 La première m'avait déjà frappé il y a quelques années.


 Ouverture des JO de Pékin.


Du temps où je regardai encore la télévision, tout les JT publics ouvraient sur au minimum 15 minutes de reportage sur la cérémonie d'ouverture.
Des défilés, du spectacle (et je vous passe le silence politiquement correcte vis à vis des Droits de l'Homme et du Tibet) etc etc...
Et après tout cela, on vous parlait des tanks russes qui envahissaient l'Ukraine.




J'ai la faiblesse de croire que s'il s'agissait de l'invasion de la France par la Belgique, on aurait fait sauter les gros titres.
Et seul un JT sur 7 a fait passer cet évènement devant les JO.


Alors depuis quand les informations sont devenues des pains et de jeux, je me le demande ?
J'ai la faiblesse de croire que  les médias d'information (et je surligne bien ce mot, que TF1 fasse du décérébré, c'est leur choix économique), devraient avoir un code de déontologie, un code moral qui fait que certes des choix seront toujours à faire, mais qu'il y ait une hiérarchisation un peu moins basée sur le spectacle, quand bien même ça serait plus sexy.
Car quand on fait de l'information, on est la pour ...ben donner des faits que les gens ne vont pas aller chercher.
 Quand on veut du divertissement , le téléspectateur (ou l'homme) sait où le trouver.


Là c'est du rôle et de la responsabilité des Médias de nous éduquer sur la réalité du Monde.


Alors oui bien sûr ici coule l'encre de ma vision qui ne vaut que les éléments que je crois importants.


Mais on en revient à nos hélicos.


Au delà de la tragédie des pertes humaines,  je m'étonne effectivement que l'on puisse parler pendant une semaine d'un accident (à la vue des premiers éléments de l'enquête) qui a couté la vie à 8 personnes par rapport à des menaces d'attentats, des enlèvements et des assassinats.


Car ce cas soulève aussi cet autre reflet de l'affaire qui est celui de la célébrité.... Si l'hélico était un crash de quelconques participants on aurait eu 1 ou 2 jours max de blabla.... mais cela sera un autre post je pense.


La première interrogation est effectivement de savoir pourquoi les médias semblent avoir une hiérarchisation d'information basée sur le spectaculaire et le proche plutôt que sur l'inconnu, le lointain....


Bien sûr, on en revient toujours au même problème, je ne suis pas dupe. Rentabilité, pognon , espace publicitaire.
Il faut attirer le compatriote et devoir faire mieux que ceux-de-chez-Schmidt-en-face.
Et ça en dépit de tout.
Pas d'effort pour sensibiliser les gens aux problèmes, il ne faut pas les tanner d'informations  avec leur attention mnésique de quelques minutes.
 Tout défile à vitesse grand V et l'on ne s'arrête que sur le rêve et la facilité. Sur les icônes que les gens regardent et qu'on leur force à regarder.
Même les médias de service public se laissent entrainer dans la facilité d'une société de consommation de spectacle.
Pourquoi des centaines de morts en voitures par jour restent anonymes alors que lorsque Coluche se plante en moto, ce sont des gros titres sur des jours ?
Et surtout pourquoi continuer à en rajouter ?
Pourquoi continuer dans le voyeurisme et dans les hommages à profusion ?
C'est vrai que l'on ne peut pas mettre tout le monde au même niveau.
 Qu'on ne pourra pas parler de tout le monde.
Mais pourquoi parler plus de certains et aussi longtemps ? Et surtout pourquoi parler plus d'un boxeur ou d'une championne de natation que d'un pilote d'hélicoptère ou d'un caméraman ?




Il y a toujours un choix qui est fait, c'est certain mais pouvons nous honnêtement nous dire que c'est tout ce qui est de plus naturel et que nos Médias ne sont ils pas en train de nous créer des échelles de valeurs un peu bancales ?
Il existe cette citation attribuée à Staline qui dit : 'La mort d'une personne est une tragédie, la mort de millions est une statistique."
Ce n'est que trop vrai mais dorénavant un autre paramètre se met en place, celui de savoir Qui meurt...Et qui va en parler.












dimanche 11 janvier 2015

To be or not to be Charlie (zhat is ze question)




 

Suite à cette semaine folle, le mot qui trend sévère sur l’internet is #JeSuisCharlie.

De par le Monde les gens se sentent concernés, émus, révoltés et placardent leurs avatars, tweets, revers de veste ou T shirt du Slogan « je suis Charlie ».

Et inversement, des voix s’élèvent par rapport à cela.

 Il y a ce qui sont Charlie mais qui pensent que les gens ne savent pas de quoi il s’agit, surtout s’ils n’ont jamais ouverts le journal de leur vie.

D’autres qui refusent de voir des gens ayant des idées opposés aux leurs : Comment peut-on être catholique et être Charlie ? Hérésie !

Etre Charlie, ce n’est pas une chose qui se définit. Bien sûr il y a de grandes lignes, liberté d’expression, de rire de tout, de critiquer par la satire notre monde, ses us et coutumes diverses.

Mais être Charlie c’est comme la vérité, c‘est de multiples reflets et une vision différente selon chaque personne.

Peut-être que certains se déclarent Charlie par effet de masse/mode et ne se sentent pas si concernés.

Oui il va y avoir des abonnements alors que la revue mourait depuis quelques temps et des gens qui vont acheter LE numéro à paraitre parce que symboliquement  c’est fort.

Et oui peut être que comme avant la tragédie du 7 janvier, Charlie pourra retomber dans l’anonymat voir le mépris.

Il peut sembler bon ton de suivre le mouvement plutôt que de continuer à ne pas se sentir « Charlie ».

Et qui a raison ? Qui a tort ?

Chacun voit Charlie à sa porte. Chacun peut exprimer ce que «  être Charlie » représente. Mais forcément il y aura des visions divergentes.

Il est évident, on le sait depuis longtemps, que la mort lave plus blanc et retourne les vestes.

 Toute personne qui décède, s’attire un capital sympathie immédiat, les critiques acerbes se transforment en Hagiographies. Et il est toujours de mauvais ton de salir la mémoire d’un mort.

 Alors imaginez lorsqu’il s’agit d’un lâche assassinat. Impossible de critiquer sans se manger une levée de Boucliers façon Braveheart.

Et là tout à coup ne pas être Charlie ou osez dire que l’on n’est pas Charlie amène  des torrents de critiques.

Par ce que dès qu‘il y a label, il y a clan. Les « je suis » et les «  autres ».

Et dans les autres aussi il y a plein de raisons différentes.

Le « non-Charlie » se retrouve à coté de Jean-Marie Le Pen et donc dans le même panier.

Qu’importe si le mec qui défilera à coté de toi à une manif est peut être un facho intégriste catholique de gauche, il est de ton coté (jusqu’à preuve du contraire). Mais l’autre  non, s’il n’est pas avec toi il est contre toi.

Les « Non-Charlie » se retrouvent dans la peau du musulman qui ne veut pas clamer bien haut qu’il se désolidarise des actes intégristes. Tu ne le fais pas ? T’es un intégriste, c’est sûr. Noir ou blanc, pour ou contre. Pas deux poids, deux mesures ; emballé, c’est pesé avec l'eau du bain et bébé (pour pas qu'il reste dans un coin).

 

Alors qu’il est important d’expliquer pourquoi on est Charlie, pourquoi on ne l’est pas et de rester dans le respect. J’entends des arguments valables et débiles de chaque côté.

Je peux être Charlie et essayer de comprendre pourquoi mon voisin ne l’est pas et pourquoi l’autre l’est sans avoir lu un Charlie de sa vie.

Heureusement dans le monde on peut se sentir concerné par une chose sans la vivre. Sinon faudrait-il être séropositif pour donner au SIDA thon ? Être victime de racisme pour lutter contre ? Être une femme pour être contre le viol et le harcèlement ?

Bien sûr, d’autres personnes paraitront plus «  légitimes », mais il faut toujours respecter et discuter avec compréhension. Oui il y aura des Charlie de 20 jours, des ‘non Charlie’ plus engagés que des Charlie…

 

Chaque Charlie est unique et l’on peut essayer d’éduquer en donnant ses points de vue et en respectant celui des autres.

 

Ce qui m’amène au « nous sommes tous Charlie ».

Et là par contre par définition c’est impossible.

Si à la limite on peut reconnaitre au gouvernement et/ou au président une légitimité à parler au nom du peuple entier, il est par essence évident que l’on ne peut pas défendre la liberté d’expression et parler au nom de tous.

 Quand bien même que la cause est juste, que l’on soit tous d’accord.

La soit disant union nationale que tout le monde souhaite récupérer ou piétiner, ne peut exister qu’informellement.

Dire qu’on est tous Charlie, c’est parler à la place de l’autre, c’est le ranger automatiquement à SA vision.

 C’est simplement imposer uniquement une idée unique, aussi lumineuse soit elle et ça s’appelle de la dictature.

 

Soyez Charlie si vous le voulez mais laisser le monde décider s’il veut l’être et pour quelles raisons. Car l’important est dans sa tête et dans son cœur être en accord et de respecter et de comprendre la position de l’autre. Et si vraiment elle semble terrible, alors de discuter pour la faire évoluer.

Etre Charlie, c’est quelque chose de personnel que l’on peut partager avec son voisin ou la nation…presque entière. Ou pas. Et c’est normal.

 

Et si vous pensez que mon article est trop consensuel  tendance mou et politiquement correct, sachez que vous avez le droit mais que je vous emmerde. ^^

 

Delenda Carthago

 

 

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Charlie



Je ne sais quoi écrire.
L’angoisse de la page blanche  pourrait-on penser.
Non, pas exactement.
Sous le coup de la passion de ce 7 Janvier 2015, de nombreuses choses me sont venues à l’esprit. Qui ? Pourquoi ?
Les détails sont encore, au moment où j’écris ces notes, trop flous pour se lancer dans une diatribe visant autre chose que la réalité du fait.

12 personnes sont mortes, assassinées pour avoir participé à un journal satirique ou s’être trouvé sur la route des meurtriers.
Quelles étaient les motivations des tueurs ? C’est encore flou.
La réalité, froide, est là. Des hommes sont morts pour avoir fait un travail satirique, pris leur plume, dessiné.
La réplique en légitime défense doit être proportionnelle à l’attaque.
Personne ne devrait subir des violences et des représailles physiques pour cela.
Des gens ont pris le droit de punir et de tuer des hommes. De froidement leur enlever leur droit d’être sur cette Terre.

Alors je ne sais que dire, quoi écrire.
Parce que je ne peux pas extrapoler, et pourtant c’est ce que je fais par jeu ou par besoin. C’est ce que plein de gens font, médias, lecteurs anonymes, politiques…

Alors je dois aussi me taire pour éviter des commentaires déplacés, non supportés par des faits et pas de simples hypothèses, rumeurs et demi vérités.

Et pourtant la principale raison est que je suis sans voix, la gorge serrée de découvrir ce qu’il s’est passé, ce type de violence qui ramène aux terribles heures des attentats dans le métro. La volonté de terreur cette fois dirigée vers la liberté d’expression, ciblée vers des individus spécifiques.
Un carnage pour quelques dessins, opinions. Rien ne justifie ça.
Cette dure et froide réalité me frappe au ventre et me prend la gorge.
J’ai la nausée et je suis révolté. Je suis comme anesthésié et pourtant une sorte de malaise se saisit de mon corps.

Sur mes rétines s’impriment tous ses avatars noirs qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Je scrolle et les voila qui s’alignent. Réunis dans l’horreur, dans l’indicible, dans l’impensable.

Je peine à arriver à exprimer ce que je ressens.
Et je ne sais quoi écrire.
Et pourtant je le dois.
Au-delà des  résolutions de Nouvel An, je me dois encore aujourd’hui plus que les autres jours d’écrire. De lutter contre cette violence qui veut faire taire la voix de la liberté par les plus ignoble des façons.

Je ne sais pas quoi dire ou écrire mais je sais qu’il faut que je fasse entendre ma voix, même un simple murmure perdu dans l’immensité du Net, même si ce n’est que quelques mots.
Sans trop en faire pour l’instant, contraint peut être par les émotions qui m’étreignent.
Peut être pas grand chose mais suffisamment pour lutter et montrer que nous ne céderons pas à l’intimidation et à la violence d’où qu’elles proviennent.

Pas grand-chose à écrire si ce n’est ces 3 mots :
Je suis Charlie.


           

mercredi 26 novembre 2014

Seasons past (Lettre à l'inconnue d'à coté)



Je ne connais pas ton prénom. Tu n’es qu’une voix qui traverse le mur comme un fantôme lorsque je suis dans le salon.
Je t’entends vivre, là, à quelques centimètres de moi.
Dans le micmac des boites aux lettres, je ne sais même pas ton nom de famille.
J’entends ton mari ou ton concubin qui parle fort et crie sur ses enfants régulièrement. Je sais que ce ne sont pas les tiens car votre vie se dévoile au gré de ces conversations voyageuses.
Est-ce que tu te rends compte lorsque vous discutez fenêtres ouvertes, on vous entend de partout ? Dans le couloir, dans les escaliers, dans la cour intérieure, même sur le balcon ; lorsqu’il y a peu de trafic.

Des fois, je vous entends faire l’amour, et je vous écoute.
J’avoue que la gêne se mue en plaisir lorsque je t’entends gémir de plus en plus fort et de plus en plus vite.

Je lutte malgré moi par ce désir de savoir à quoi tu ressembles, nourrir un fantasme malsain qui a commencé avec ce voyeurisme sonore involontaire.
Vais-je attendre de vous entendre sortir pour discrètement allez espionner au judas ? Prétexter de venir étendre du linge et jeter un regard à travers l’œilleton ?
Ou alors sortir, casual, au même moment et sortir une poubelle par exemple.

J’ai peur que tout ceci tourne à l’obsession malsaine.
Et pourtant je ne peux m’empêcher. Surtout lorsque le ton monte.
Comme hier soir, je t’ai entendu crier, presque hurler. Qu’il te faisait mal. J’ai coupé le son de mon film. J’hésite. Dois-je aller frapper à la porte ? Tousser fortement, taper contre le mur ?
J’attends. J’écoute. Ça hurle encore de chaque coté. Ça semble se calmer. De nouveau, tu hurles qu’il te fait mal.
Je me redresse.

La porte claque. Tu t’enfuis dans l’escalier, poursuivie.
J’entends la porte d’entrée de l’immeuble qui s’ouvre.
Je me glisse prestement sur le balcon.
Il fait déjà nuit. Je n’aperçois à la lueur du réverbère que des cheveux semi bouclés châtains qui bougent au rythme des échanges de paroles.
Je reste en retrait de peur que l’un d’entre vous ne regarde autour les badauds qui prêtent l’oreille à cette dispute de couple.
La situation va-t-elle dégénérer ?
Non le volume se rabaisse. L’orage semble s’éloigner. Je desserre les dents. Vous rentrez tranquillement.

Et quelques jours plus tard, de nouveau tes halètements aigus se font entendre. Réconciliation sur l’oreiller mais combien de temps le manège se répètera-t-il encore et encore ? Et en quoi cela me regarde, au final ?
J’ai honte.
Je vais déchirer cette lettre.
Et un jour, en rentrant, je vois les pompiers. Et la police. Je grimpe les escaliers et j’arrive sur le palier. La porte est ouverte. Les pompiers descendent ton corps sur la civière, ton visage recouvert par un drap. Un policier me demande de rentrer chez moi. Il veut me poser quelques questions.
Est-ce que je te connais ?
Non. Je ne t’ai jamais vu, jamais connu que par les sons qui traversaient les fines parois. Une inconnue, pourtant connue si intimement et dont je n’ai jamais vu le visage.
Et qui ne lira jamais cette lettre.

samedi 15 novembre 2014

Pale traces ( ou comment une Oeuvre d'Art en dit long sur Paris)



Je m’insurge contre cet édifice qui va défigurer notre belle capitale. Ne me parlez pas de ça même si c’est provisoire. Il est inconcevable d’avoir cet immense objet phallique, cette turgescence immonde défigurer ne serait-ce qu’un mois notre belle capitale. Qu’on la démonte illico presto !

Et donc au non de l’esthétisme et de la moralité, nous venons non pas de perdre un arbre de Noël coquin et moche vert pomme mais la Tour Eiffel, gigantesque phallus d’acier qui est devenu l’emblème à travers le monde de la Ville Lumière.
Certes on va concéder que cela ne ressemble pas vraiment à un objet purement sexuel qui aurait pu faire de nous la capital des gays et utilisateurs de plug anal de géant vert du Monde.

Mais le principe est là. Nous sommes en face de réactions vis à vis d’une œuvre d’Art.

Alors oui il faut se rappeler que l’Art est une question multiple qui sert à beaucoup de chose et à rien au final.
Cela sert à plaire, avoir un coté esthétique et ça sert aussi à avoir un coté réactif.
 L’art a but de faire réagir la personne qui est en présence. Cette réaction est d’ordre multiple, questionnement, réflexions, admiration, haine, dégoût, amour, syndrome de Stendhal.

Quelque soit l’intention de l’auteur, chaque œuvre sera confrontée à des réactions diverses.

Avec l’histoire du Paul McCarthy, on a un bel exemple.

 Est-ce que le gros truc vert immonde mi arbre / mi plug anal a fait réagir ?

Il est clair que oui.
 Déjà de la partie de l’érection de la structure gonflable, on a parlé de cela y compris dans les média étranger.
 Alors oui les ‘bien-pensants’ (qui apparemment savent ce qu’est un plug anal) estime que cela défigure la capitale, c’est indécent, immoral, affreux, inutile et toute la palette que l’on puisse imaginer.
C’est leur droit le plus strict d’avoir une opinion, un avis, un goût et de le faire connaître.

Là où le bas blesse, c’est lorsque l’on devient violent dans ses réactions. Injures, insultes, agressions verbales et physiques et dégradation de l’œuvre.

Alors que l’on trouve cela inutile, on ne peut être plus loin de la vérité puisque justement l’œuvre fait réagir, ce qui est l’un de ses intérêts principal.

Ce qui même valide de plus la démarche artistique est la violence des réactions. Plus la réaction est forte plus l’œuvre est pertinente.
La provocation pour la provocation peut sembler inutile et stupide (et elle l’est d’un certain sens) mais de part l’intensité des réactions, l’œuvre prouve bien qu’elle frappe des clivages forts. 
Une œuvre qui laisse indifférent perd grandement de son attrait artistique.

La réaction est d’autant plus forte qu’elle réussit, a défaut de plaire esthétiquement (c’est quand même très moche), de démontrer que notre société (parisienne) reste très bloquée sur ce qui est sexuel.

J’en veux pour preuve l’affaire Diane Ducruet (en autre)
Des personnes se sont trouvées choquées par une image d’une mère ‘mangeant’ le visage e son enfant.
7 lettres de protestations ont été envoyées et l’œuvre (qui était dans la thématique de l’intime.. fallait choisir les fleurs peut être) a été retirée de peur d’être vandalisée.
Alors la question qui nous agite n’est pas tant de savoir si l’image est pornographique, incestueuse, hérétique, impie ou plus si affinités.
Ce débat là, il est normal de l’avoir.
Non mais pour l’avoir faudrait il encore avoir la confrontation de l’œuvre.
Hélas les propriétaires de la galerie ont décidé d’éviter un futur scandale et saccage de l’œuvre ou de la galerie et ont donc décroché la photographie.

7 demandes et pouf sans explication, sans débat, sans consultation, sans confrontation et explication de l’artiste, on vire une œuvre.
Où en est on arrivé  pour que l’on saccage des œuvres d’Art ?
Qui peut décider de détruire, de mutiler, de casser une œuvre sous prétexte qu’elle est offensante ?
Pourquoi ne pas peinturlurer l’origine du monde ?
Pourquoi ne pas mettre un coup de burin dans les burnes du David de Michel Ange ?
L’Art est là pour refléter la société et la bousculer, la faire réfléchir sur elle-même.
Où en sommes nous arrivé pour que l’on soit obligé d’être d’une provocation flagrante pour faire réagir et que cette réaction soit aussi véhémente ?
Violence physique pour répondre soit disant à la légitime violence de l’Art.
Menaces et peur irraisonnées qui poussent à retirer des œuvres plutôt qu d’engager la discussion.
Oui le plug anal de Noël était laid et moche. Et pourtant oui c’était une œuvre d’Art car elle  a fait réagir.
Une amie ne disait que ce n’était pas une perte pour l’humanité. Je me dois d’être d’un avis et de recourir à la violence plutôt qu’au dialogue.
Qu’est-ce que notre Art contemporain dit alors de nous et de notre société ?

dimanche 19 octobre 2014

The Great Divide (ou quand J'ai fait la manif pour Tous.. enfin presque)


Alors que revoilà la manif pour tous….
La sous-préfète a de quoi être jalouse.
Les gens du collectif de la Manif pour Tous sont de retour à Paris et à Bordeaux.
La guerre des chiffres et des slogans et des réclamations fait rage.
Si je ne peux que respecter ces gens qui ne lâchent rien et continuent de se battre pour leur idéal, je dois avouer mon scepticisme aussi vis-à-vis de bon nombre de leurs déclarations.
D’abord la guerre des chiffres. Comme tout bon clivage qui ferait plaisir à Cédric Z., la nation est tiraillée et comme pour le conflit Israélo-palestinien, on parle d’un clivage bien tranché à la machette. Il faut être nombreux jusqu’à l’incohérence.
Et puis les slogans et revendications...

Comme d’habitude, je me glisse dans la peau d’un manifestant. Bon un manifestant un peu sensé hein, pas un gros buté qui sera laissé derrière avec un peu de chance avec les résidus d’évolution comme l’appendice et les dents de sagesse, pour que l’espèce humaine tende vers le mieux.
Que l’on s’inquiète du devenir des enfants qui n’auraient pas un modèle parental qui correspondrait à la norme naturelle, je le conçois. Je ne reviendrais pas sur le modèle monoparental si peu historique …..
La PMA et la GPA ne sont et n’ont jamais été à l’ordre du jour (ou en tout cas ont été vite rangé sous la couette) et ce pour quasiment tout le monde, hétérosexuels traditionnels inclus. (sauf la PMA et là est ce effectivement .juste ? Hmmm…Autre débat)
Je ne parlerai à peine de la soit disant théorie des genres qui fait partie de ces serpents de mers que l’Internet crée, propage et relaie plus vite que l’on puisse prendre le temps de vérifier.
Alors reste le mariage de même sexe. Bon, faut être logique. Personne ne reviendra là-dessus comme ça, comme la peine de mort. C’est fait, ça fera son chemin dans la société. En plus, à part heurter les sentiments de pauvres gens et d’écorner une image du sacro-saint mariage –(Koff koff civil et non religieux koff koff), il n’y a aucune raison de le refuser. Ça n’engage que deux personnes qui s’aiment et veulent avoir les mêmes avantages que les autres mariés (Koff koff civil pas religieux koff koff- quelle vilaine toux).
J’ai l’impression de voir des gens qui te disent qu’il ne faut pas que les femmes votent.
Après qu’ils veulent rester dans un schéma papa travaille, maman éduque et fait la vaisselle, ça ne me dérange pas plus que si le voisin est gay et reste à la maison faire la vaisselle pendant que le mari travaille. J’utilise Mari exprès car j’ai toujours trouvé formidable la dénomination « Mari et femme », la femme..reste femme. Je préfère « époux. ».

Alors il y a le cas des familles nouvelles qui adoptent. C’est tout à l’honneur des manifestants de se sentir concerné par ces enfants. (Pas ceux qui traînent depuis des lustres dans les orphelinats, les enfants seuls ou les enfants battus… ça doit être trop tard pour eux)
Je suis inquiet et si ces enfants avaient un mauvais modèle parental, pas homme femme qui…

Qui quoi d’ailleurs ?
Puisque l’on n’a pas vraiment de recul sur ce type de famille, on ne peut que spéculer. Principe de précaution dirai-je alors.
Ce qui m’amène à repenser à un permis parental, comme celui pour conduire afin d’être certains que les parents sont de bons parents… quelque soit leur nombre et leur sexe.
Alors certes, on pense que je suis homophobe alors que c’est juste que je m’inquiète pour leur équilibre.
 Le modèle idéal est deux parents qui s’aiment et constitué d’un homme et d’une femme. Bon on va dire que l’homme amène un caractère et de la résolution balancé par la douceur de la mère. Good cop, bad cop quoi.
Bon un couple femme/femme ou homme/homme va forcément manquer de quelque chose.
Même si, étrangement, on retrouve souvent dans les couples homosexuels une dualité hétéro sexuel avec un partenaire plus féminin et un autre plus masculin…. Une tata folle du poignet ne pourra pas enseigner la féminité. Tut tut tut.
Après ça l’enfant sera… l’enfant sera quoi ?
Déséquilibré ? Comme avec une famille qui se déchire ou mono parentale ?
Homosexuel par manque de repère ? Comme toutes ces familles hétérosexuelles dont ils sont issues ?

Est-ce qu’il ne faudrait pas simplement voir si deux parents monosexuels amènent vraiment une différence sur le développement des enfants.
C’est évident qu’il est difficile de laisser de l’expérimentation à partir d’enfants. On parle pas de chiens ou de droit de vote là hein bon !
Mais dans ce cas pourquoi ne pas refuser le droit aux parents alcoolo, qui boivent, qui regardent TF1 aussi ?
Le schéma parental actuel reste le travail de centaines d’années d’expérimentations.
D’aucuns pourraient penser que l’on s’en tire plutôt mal justement à voir l’état de la planète et la surpopulation chronique que les hétéros infligent à notre Terre.
Un enfant qui reste dans un orphelinat est il mieux loti qu’un dans une famille homosexuelle qui désire vraiment un enfant ?
SI la PMA et la GPA sont des sujets délicats qu’il convient effectivement de discuter sur l’éthique humaine et la marchandisation du corps, en quoi la simple adoption reste un problème ?
Notre société ne comporte pas tellement de gens spécialisés dans l’éducation et la psychologie enfantine (au moins toutes les personnes dans les manif pour tous à ce qu’il semblerait), qui pourrait suivre chaque enfant pour voir s’il ne tourne pas en serial killer ou pire père / mère de famille hétérosexuel.
Que s’est-il passé lorsque l’on a voulu considérer les noirs comme des êtres humains capables de penser, de dialoguer, d’être digne de respect et d’éducation ?
Est-ce que cela pourrait se comparer à l’émancipation de la femme, qu’on puisse essayer de croire qu’elle est capable de travailler, prendre des décisions ?
En quoi le désir d’enfanter d’une femme stérile, d’une femme homosexuelle, d’une femme célibataire est différent de celui d’une femme hétérosexuelle mariée ?

Si certaines questions méritent d’être encore débattues, d’autres semblent un peu caducs et il serait bon d’essayer de voir et comprendre le mode de pensées de l’autre faction avant de vouloir proclamer dans la rue son avis et de savoir s’il est bien utile de l’affirmer haut et fort.
Car lorsque je vois les sujets de la manif pour tous, j’espère fondamentalement qu’ils ne sont pas un demi million à défiler pour rien : la plupart des revendications ne sont inutiles de par leurs possibilités de réversibilité et ou de par leurs crédibilités.
Il est important de se battre pour préserver son schéma mais il est bon aussi de voir au delà simplement de risques et de changement importants.
Sinon je pense que si l’on ne pensait qu’a un principe de sécurité on aurait pas eu la révolution, la fin de l’esclavagisme, l’égalité (koff koff) homme-femme
Bien sûr certaines expériences peuvent mal tourner mais à travers les siècles de vie et d’expérimentation, on peut quand même arriver à maîtriser et surveiller les évolutions pour éviter les erreurs (et il y en aura comme il y a des enfants d’hétéros serial killers psychopathes névrosés)
Et finalement restez sobre dans vos pancartes car se faire traiter de catho intégriste arriéré ou de sous homme pervertisseur de société n’arrange absolument rien. Tout ici est une question de respect. Respect des convictions et tempérance des opinions.
Bien entendu on parle des gens intelligents hein, pas les butés dont le schéma parental les rend imperméables au changement et à l’évolution et qui effectivement amèneront bien sûrement l’extinction de ce qui fait la beauté de l’espèce humaine, cette tendance à lutter contre l’imperfection pour tendre au sublime.