lundi 20 avril 2015

Losing my religion (où l'on découvre que la religion est du thé)


Dieu est du thé.

Ou plus largement la religion est du thé.

Certes le jeu de mot est assez facile, (a-thé-e, haha vu ?), le concept est assez iconoclaste et fumeux au possible mais je l’espère au final, pertinent.


Toute religion devrait être considérée comme du thé.

Et pour cause.

On peut ou non développer un goût pour le thé.

Le thé peut se consommer de façon différente selon les endroits

Il existe des dizaines de  façons de préparer et des centaines d’espèces de thés différents.

Le thé apporte réconfort.

Le thé peut aider l’homme au fil de sa vie.

Abuser du thé peut mener à divers problèmes.
On peut parler de son thé préféré avec des amis.

On peut essayer de convaincre un ami de boire du thé mais on ne pourra que difficilement l’obliger à en boire et encore moins à l’aimer.

Et ce n’est pas en enfonçant du thé dans la gorge de quelqu’un qui n’en veut pas qu’il va aimer le thé.

 

Le meilleur thé est le thé qui nous convient, même si on ne le prépare pas comme il faut, qu’on le sucre ou qu’on le consomme frais.

Et tant pis si tout le monde trouve ça innommable de mettre du lait/sucre/vodka/whatever, on devrait boire le thé tel que l’aime

Ce n’est pas une obligation de boire du thé tous les jours et selon le même rituel ancestral mais vous pouvez le faire aussi.

Le thé qu’on préfère n’est pas forcément le meilleur thé, tout est une question de goût.

Il est intéressant d’essayer plusieurs thés avant de choisir son préféré.

Changer de thé selon les envies est quelque chose de bien, pourquoi se limiter à un seul thé ?

On peut trouver du thé à profusion, plus ou moins cher.


Boire son thé avec des amis est convivial, même si les autres n’en boivent pas ou aime pas ça.

Et de même on peut profiter de son thé même si à côté, une autre personne boit un autre thé.

On ne peut pas détester le thé, on peut juste ne pas aimer ou ne pas ressentir le besoin d’en boire.

Comme tout, il faut respecter le thé mais ce n’est pas sacré.

vendredi 17 avril 2015

Remember the time (archéologie émotionnelle post - déménagement)

L'avantage et l'inconvénient des déménagements, c'est le facteur nostalgie qui frappe à plein pot.
Ressortir les paquets de vêtements, affaires, factures et surtout photos.
Tout ces petits papiers, ces factures à l'encre évaporée par le temps, à peine lisibles où l'on découvre les prix aberrants que l'on payait à l'époque pour un dvd, un ordinateur, tellement state-of-the-art comme on le dit.
C'est terrible et effrayant et tout autant fascinant de repartir sur les traces du passé. Redécouvrir tel des archéologues ces reliques d'une vie que l'on dit révolue mais qui fera toujours partie de nous malgré tout.
Les premiers meubles IKEA, les livraisons; les interventions pour des dégâts, des dommages;, des sinistres.
Repartir en arrière, voyager dans le temps et retrouvez aux tréfonds de la Mémoire. ces espaces de vie  (communes ou non) auxquels on ne pensait plus forcément... Des morceaux choisis, des instants , des éclats, des échos perdus dans les abysses qui remontent à la surface.


Évidemment tout cela s'accompagne de sentiments.
Il y a l'indifférence, très rare lorsqu'on passe sur quelque chose d'anodin. La surprise qui va avec la résurgence du souvenir que l'on avait oublié et qui reprend l'air , haletant, pour perdurer son existence dans ce grand fatras qu'est notre mémoire.


Forcément il y aura toujours les petites pépites de bonheur, ces moments de grâce et de joie qui feront sourire et donneront un air de constellation à vos iris.




Et il y a les petites tracas d’antan qui , avec la patine des années passées, devient ces anecdotes savoureuses que l'on se remémore avec presque des fous rires, les catastrophes, les accidents, les fuites, les allergies spontanées, les cassages de sommier....


Avec le temps, les grosses galères et catastrophes deviennent comme les accidents de ski. Ce sont au final ces plantages qui font les souvenirs que l'on raconte le plus. Pas les belles glissades parfaites, pas le bonheur épanoui qui reste au final très personnel et intérieur mais les gamelles, les vautrages, les trucs qui ne se sont pas passés comme il fallait.
Et on rit de tout cela , des épreuves passés comme pour conjurer le mauvais sort qui s'était acharné sur nous.




Et il y a le reste. Last but not least. Ces souvenirs douloureux car ils réveillent de vieilles blessures que l'on croyait disparues. Comme une tendinite qui se redéclenche après des années. Ces trahisons, ces échecs, ces mauvaises pensées et ces mauvaises paroles, ces réactions que l'on regrette et celles que l'on regrette de ne pas avoir eu.


Et les bonheurs perdus. Ceux que l'on a vécu et qui ne sont plus là. Le vide laissé par la disparition d'un amour, d'un parent, d'un ami. Disparition définitive ou partielle. Le vide, le vacuum créée qui vous tord le ventre, qui se matérialise par un nœud dans la gorge, des larmes qui viennent vous titiller les globes oculaires, le souffle qui se fait court...
L'émotion, malgré les années, ressurgit, presque plus forte encore. La mémoire appuie sur les points qu'il faut pour décupler l'impact, couplée avec le fameux facteur nostalgie.


Regrets, remords ou simples souvenirs heureux disparus dans les sables du temps mais dont le souvenir évanescent persiste malgré tout, ancré solidement à notre présent par ces petites choses redécouvertes: une facture, un mot, une photo...





mercredi 15 avril 2015

Be ( qui suis-je ?)

Je suis un homme.
J'ai un an de plus en ce jour.
Il parait que je fais moins que mon âge.
Je n'arrive pas à réaliser.
Je suis un fils, un frère, un oncle.
Je suis un travailleur.
Je suis un artisan à défaut d'être un artiste.
Je suis passionné et je m'emporte souvent.
J'ai du mal à me tempérer, à ralentir.
J'aime faire rire et j’accueille les larmes avec le plaisir coupable de l'émotion.
J'ai besoin d'attention et je vis très bien seul.
Je suis douceur et âpreté.
Je cache mes faiblesses sous le masque de l'arlequin.
J'ai besoin de savoir, de connaitre de comprendre.
Je suis rigide et je ne supporte pas les barrières
Je suis une force entropique qui lutte contre elle même en blâmant le monde.
J'ai vécu de nombreuses choses et pourtant je ne sais rien.
Je dois sortir ce que j'ai dans la tête et pourtant tout cela est dur et fade et ne ressemble pas à ce que je vois.
Je ne suis heureux qu'à l'accouchement de l'idée.
Je rêve de la pureté de l'imperfection en chacun de nous.
Des éclats, des brisures, des erreurs.
 J'ai des regrets , à peine moins que des remords.
Ma vie est un fleuve tranquille aux méandres voluptueuses.
Je suis un diamant brut.
Je suis un mirroir brisé en de multiples éclats.
L'arc-en-ciel de mes désirs jaillit de la lumière des regards que l'on me porte. Un de travers et je suis biaisé.
Je suis une vague, calme et forte, unique et semblable aux autres, jamais la même et pourtant toujours déferlant sur la même plage.
Je suis un fragment de l'éternité,une pierre dans le jardin des Imparfaits.

jeudi 2 avril 2015

Celebrity touch (Mais qui sont nos héros ?)

Notre société est ancrée dans la médiatisation et le spectacle. Surtout la partie Occidentale, pourrons nous préciser.
Nous avons remplacé les héros mythiques d'autre fois par d'autres idoles. Nos Persée, nos Ulysse et Gilgamesh sont devenus...qui exactement ?


La majorité des gens que les personnes adulent et regardent restent des Stars. De la télévision, du cinéma, de la musique, du sport.
Les travaux herculéens sont devenus maintenant  un mélange d'aura de la performance de l'art combiné à la nécessité de réussir et d'être connu.
 Au delà même de la performance , nous sommes désormais lié à la perception de l'importance sociétale des individus.
 Et qui décide de cette place ?


Les yeux se tournent immédiatement sur les médias. Télé, journaux, radiophoniques, et internet.
La communication et la répétition des 'informations' font que les idées s'imposent.
Le soft power américain, utilisé depuis des années pour faire passer le modèle et les idées des USA à travers le monde, a prouvé son efficacité surtout dans le domaine artistique.


Rambo, Mickey et McDonalds sont devenus des icônes qui s'incarnent dans le monde. Hell, même mon correcteur d'orthographe me propose la correction pour le nom du  clown du fast food.


 Tout le monde est au courant désormais de la création du père Noël aux couleurs rouge et blanc.


Notre société est rythmée par les nouveaux concepts, personnes que le marketing et le consumérisme ne cessent de nous vendre.


 Pour les Stars, c'est pareil. On essaye de porter au ciel des modèles. Modèles de réussite, des canons de beauté, des gens qui vivent une vie que l'on rêverait de vivre....




Et effectivement plus le temps passe, plus la valeur ajoutée de nos modèles semblent s'étioler...


Aujourd'hui, les gens veulent réussir non pas parce qu'ils ont travaillé ou parce qu'ils ont un talent, une présence, quelque chose à dire... Juste pour le fait d'être connu et reconnu. Et adulé.


 Notre époque glorifie les gens célèbres car on parle d'eux mais meme savoir exactement ce qu'ils font, ce qu'ils nous apportent. Pire on célèbre des gens qui ne font qu'être d'autres personnes pour du divertissement, comme si la performance étaient plus importante que l'action elle-même. Qui veut être un vrai pompier alors que Brad Pitt peut le faire avec tellement Plus de classe ? Et en plus il s'est entrainé avec de vrais pompiers. Quel homme... <3 br="">
On place sur des piédestaux des personnes que l'on nourrit de notre attention, de notre argent, de notre admiration mais se pose t'on la question de la réelle valeur ajoutée de ces modèles ?
On se repaît de la vie de ses gens qui soit disant sont sensés avoir la vie dont nous rêvons. Avoir une vie idyllique, incarné de beauté, de richesse et d'une frivolité qui remplit d'étoiles les yeux du peuple qui se languit.


Nos Médias continuent dans un cercle vicieux à porter à notre regard des gens qui rentrent de plus en plus dans le jeu de créer une fissure, une barrière pour subjuguer les bonnes gents.
 Ah le tapis rouge, ah les spotlights, ah le succès, l'apparition sur l'écran argenté ou l'(ex) cathodique....
 Une existence qui ne prends forme que par le regard des autres.


Avons nous les héros que nous méritons ? Nos médias ne favoriseraient -ils pas une spirale de futilité abrasive pour nos valeurs sociétales et nos idéaux ? Faut il détruire notre Carthage médiatique pour qu'enfin les Français arrêtent d'élire l'abbé Pierre homme de l'année mais donnent leur argent et leur intérêt à Closer et TF1 ?










mardi 17 mars 2015

Shrine of New Generation Slaves (ou l'échelle de Jacob de l'information)

L'une des choses qui me chagrine de nos jours est cette tendance qu'on les médias d'informations de traiter la dite information  comme un produit de consommation tel que TF1 pourrait le proposer.
La mort (à priori accidentelle à la vue des divers témoignages et images ayant filtrées) de 3 champions sportifs (et de 5 techniciens de télé-réalité.... et accessoirement deux pilotes argentin) déchaine les passions des médias depuis le début de la semaine dernière.






Alors établissons bien que chaque mort est tragique et que chaque personne est plus ou moins touché de part la proximité que l'on a avec une personne. Si votre voisin meurt ça vous touchera plus que le petit enfant africain au Rwanda, quand bien même vous ne connaitriez pas votre voisin.




Alors que cela fait quelques ours que l'on reparle de cet accident et de ses trois principales victimes, peu de temps auparavant un français de 30 ans a été tué par balles dans un attentat à Bamako.


On est loin de Charlie Hebdo, la personne décédée est probablement une victime collatérale.
Mais il n'en reste pas loin que nous avons une victime du terrorisme qui a ébranlé notre pays en Janvier.


Et c'est là que le bât blesse.
Notre système d'information instaure forcément une échelle de priorité dans les informations.
Ici pendant une semaine nous avons eu des headlines sur le crash de l'hélicoptère, les sportifs morts... Et oui la question n'est pas de savoir si c'est tragique, si ça nous touche ou non. A chacun d'être touché.
Mais ceci me pose de nombreuses questions.
 La première m'avait déjà frappé il y a quelques années.


 Ouverture des JO de Pékin.


Du temps où je regardai encore la télévision, tout les JT publics ouvraient sur au minimum 15 minutes de reportage sur la cérémonie d'ouverture.
Des défilés, du spectacle (et je vous passe le silence politiquement correcte vis à vis des Droits de l'Homme et du Tibet) etc etc...
Et après tout cela, on vous parlait des tanks russes qui envahissaient l'Ukraine.




J'ai la faiblesse de croire que s'il s'agissait de l'invasion de la France par la Belgique, on aurait fait sauter les gros titres.
Et seul un JT sur 7 a fait passer cet évènement devant les JO.


Alors depuis quand les informations sont devenues des pains et de jeux, je me le demande ?
J'ai la faiblesse de croire que  les médias d'information (et je surligne bien ce mot, que TF1 fasse du décérébré, c'est leur choix économique), devraient avoir un code de déontologie, un code moral qui fait que certes des choix seront toujours à faire, mais qu'il y ait une hiérarchisation un peu moins basée sur le spectacle, quand bien même ça serait plus sexy.
Car quand on fait de l'information, on est la pour ...ben donner des faits que les gens ne vont pas aller chercher.
 Quand on veut du divertissement , le téléspectateur (ou l'homme) sait où le trouver.


Là c'est du rôle et de la responsabilité des Médias de nous éduquer sur la réalité du Monde.


Alors oui bien sûr ici coule l'encre de ma vision qui ne vaut que les éléments que je crois importants.


Mais on en revient à nos hélicos.


Au delà de la tragédie des pertes humaines,  je m'étonne effectivement que l'on puisse parler pendant une semaine d'un accident (à la vue des premiers éléments de l'enquête) qui a couté la vie à 8 personnes par rapport à des menaces d'attentats, des enlèvements et des assassinats.


Car ce cas soulève aussi cet autre reflet de l'affaire qui est celui de la célébrité.... Si l'hélico était un crash de quelconques participants on aurait eu 1 ou 2 jours max de blabla.... mais cela sera un autre post je pense.


La première interrogation est effectivement de savoir pourquoi les médias semblent avoir une hiérarchisation d'information basée sur le spectaculaire et le proche plutôt que sur l'inconnu, le lointain....


Bien sûr, on en revient toujours au même problème, je ne suis pas dupe. Rentabilité, pognon , espace publicitaire.
Il faut attirer le compatriote et devoir faire mieux que ceux-de-chez-Schmidt-en-face.
Et ça en dépit de tout.
Pas d'effort pour sensibiliser les gens aux problèmes, il ne faut pas les tanner d'informations  avec leur attention mnésique de quelques minutes.
 Tout défile à vitesse grand V et l'on ne s'arrête que sur le rêve et la facilité. Sur les icônes que les gens regardent et qu'on leur force à regarder.
Même les médias de service public se laissent entrainer dans la facilité d'une société de consommation de spectacle.
Pourquoi des centaines de morts en voitures par jour restent anonymes alors que lorsque Coluche se plante en moto, ce sont des gros titres sur des jours ?
Et surtout pourquoi continuer à en rajouter ?
Pourquoi continuer dans le voyeurisme et dans les hommages à profusion ?
C'est vrai que l'on ne peut pas mettre tout le monde au même niveau.
 Qu'on ne pourra pas parler de tout le monde.
Mais pourquoi parler plus de certains et aussi longtemps ? Et surtout pourquoi parler plus d'un boxeur ou d'une championne de natation que d'un pilote d'hélicoptère ou d'un caméraman ?




Il y a toujours un choix qui est fait, c'est certain mais pouvons nous honnêtement nous dire que c'est tout ce qui est de plus naturel et que nos Médias ne sont ils pas en train de nous créer des échelles de valeurs un peu bancales ?
Il existe cette citation attribuée à Staline qui dit : 'La mort d'une personne est une tragédie, la mort de millions est une statistique."
Ce n'est que trop vrai mais dorénavant un autre paramètre se met en place, celui de savoir Qui meurt...Et qui va en parler.












dimanche 11 janvier 2015

To be or not to be Charlie (zhat is ze question)




 

Suite à cette semaine folle, le mot qui trend sévère sur l’internet is #JeSuisCharlie.

De par le Monde les gens se sentent concernés, émus, révoltés et placardent leurs avatars, tweets, revers de veste ou T shirt du Slogan « je suis Charlie ».

Et inversement, des voix s’élèvent par rapport à cela.

 Il y a ce qui sont Charlie mais qui pensent que les gens ne savent pas de quoi il s’agit, surtout s’ils n’ont jamais ouverts le journal de leur vie.

D’autres qui refusent de voir des gens ayant des idées opposés aux leurs : Comment peut-on être catholique et être Charlie ? Hérésie !

Etre Charlie, ce n’est pas une chose qui se définit. Bien sûr il y a de grandes lignes, liberté d’expression, de rire de tout, de critiquer par la satire notre monde, ses us et coutumes diverses.

Mais être Charlie c’est comme la vérité, c‘est de multiples reflets et une vision différente selon chaque personne.

Peut-être que certains se déclarent Charlie par effet de masse/mode et ne se sentent pas si concernés.

Oui il va y avoir des abonnements alors que la revue mourait depuis quelques temps et des gens qui vont acheter LE numéro à paraitre parce que symboliquement  c’est fort.

Et oui peut être que comme avant la tragédie du 7 janvier, Charlie pourra retomber dans l’anonymat voir le mépris.

Il peut sembler bon ton de suivre le mouvement plutôt que de continuer à ne pas se sentir « Charlie ».

Et qui a raison ? Qui a tort ?

Chacun voit Charlie à sa porte. Chacun peut exprimer ce que «  être Charlie » représente. Mais forcément il y aura des visions divergentes.

Il est évident, on le sait depuis longtemps, que la mort lave plus blanc et retourne les vestes.

 Toute personne qui décède, s’attire un capital sympathie immédiat, les critiques acerbes se transforment en Hagiographies. Et il est toujours de mauvais ton de salir la mémoire d’un mort.

 Alors imaginez lorsqu’il s’agit d’un lâche assassinat. Impossible de critiquer sans se manger une levée de Boucliers façon Braveheart.

Et là tout à coup ne pas être Charlie ou osez dire que l’on n’est pas Charlie amène  des torrents de critiques.

Par ce que dès qu‘il y a label, il y a clan. Les « je suis » et les «  autres ».

Et dans les autres aussi il y a plein de raisons différentes.

Le « non-Charlie » se retrouve à coté de Jean-Marie Le Pen et donc dans le même panier.

Qu’importe si le mec qui défilera à coté de toi à une manif est peut être un facho intégriste catholique de gauche, il est de ton coté (jusqu’à preuve du contraire). Mais l’autre  non, s’il n’est pas avec toi il est contre toi.

Les « Non-Charlie » se retrouvent dans la peau du musulman qui ne veut pas clamer bien haut qu’il se désolidarise des actes intégristes. Tu ne le fais pas ? T’es un intégriste, c’est sûr. Noir ou blanc, pour ou contre. Pas deux poids, deux mesures ; emballé, c’est pesé avec l'eau du bain et bébé (pour pas qu'il reste dans un coin).

 

Alors qu’il est important d’expliquer pourquoi on est Charlie, pourquoi on ne l’est pas et de rester dans le respect. J’entends des arguments valables et débiles de chaque côté.

Je peux être Charlie et essayer de comprendre pourquoi mon voisin ne l’est pas et pourquoi l’autre l’est sans avoir lu un Charlie de sa vie.

Heureusement dans le monde on peut se sentir concerné par une chose sans la vivre. Sinon faudrait-il être séropositif pour donner au SIDA thon ? Être victime de racisme pour lutter contre ? Être une femme pour être contre le viol et le harcèlement ?

Bien sûr, d’autres personnes paraitront plus «  légitimes », mais il faut toujours respecter et discuter avec compréhension. Oui il y aura des Charlie de 20 jours, des ‘non Charlie’ plus engagés que des Charlie…

 

Chaque Charlie est unique et l’on peut essayer d’éduquer en donnant ses points de vue et en respectant celui des autres.

 

Ce qui m’amène au « nous sommes tous Charlie ».

Et là par contre par définition c’est impossible.

Si à la limite on peut reconnaitre au gouvernement et/ou au président une légitimité à parler au nom du peuple entier, il est par essence évident que l’on ne peut pas défendre la liberté d’expression et parler au nom de tous.

 Quand bien même que la cause est juste, que l’on soit tous d’accord.

La soit disant union nationale que tout le monde souhaite récupérer ou piétiner, ne peut exister qu’informellement.

Dire qu’on est tous Charlie, c’est parler à la place de l’autre, c’est le ranger automatiquement à SA vision.

 C’est simplement imposer uniquement une idée unique, aussi lumineuse soit elle et ça s’appelle de la dictature.

 

Soyez Charlie si vous le voulez mais laisser le monde décider s’il veut l’être et pour quelles raisons. Car l’important est dans sa tête et dans son cœur être en accord et de respecter et de comprendre la position de l’autre. Et si vraiment elle semble terrible, alors de discuter pour la faire évoluer.

Etre Charlie, c’est quelque chose de personnel que l’on peut partager avec son voisin ou la nation…presque entière. Ou pas. Et c’est normal.

 

Et si vous pensez que mon article est trop consensuel  tendance mou et politiquement correct, sachez que vous avez le droit mais que je vous emmerde. ^^

 

Delenda Carthago

 

 

jeudi 8 janvier 2015

Je suis Charlie



Je ne sais quoi écrire.
L’angoisse de la page blanche  pourrait-on penser.
Non, pas exactement.
Sous le coup de la passion de ce 7 Janvier 2015, de nombreuses choses me sont venues à l’esprit. Qui ? Pourquoi ?
Les détails sont encore, au moment où j’écris ces notes, trop flous pour se lancer dans une diatribe visant autre chose que la réalité du fait.

12 personnes sont mortes, assassinées pour avoir participé à un journal satirique ou s’être trouvé sur la route des meurtriers.
Quelles étaient les motivations des tueurs ? C’est encore flou.
La réalité, froide, est là. Des hommes sont morts pour avoir fait un travail satirique, pris leur plume, dessiné.
La réplique en légitime défense doit être proportionnelle à l’attaque.
Personne ne devrait subir des violences et des représailles physiques pour cela.
Des gens ont pris le droit de punir et de tuer des hommes. De froidement leur enlever leur droit d’être sur cette Terre.

Alors je ne sais que dire, quoi écrire.
Parce que je ne peux pas extrapoler, et pourtant c’est ce que je fais par jeu ou par besoin. C’est ce que plein de gens font, médias, lecteurs anonymes, politiques…

Alors je dois aussi me taire pour éviter des commentaires déplacés, non supportés par des faits et pas de simples hypothèses, rumeurs et demi vérités.

Et pourtant la principale raison est que je suis sans voix, la gorge serrée de découvrir ce qu’il s’est passé, ce type de violence qui ramène aux terribles heures des attentats dans le métro. La volonté de terreur cette fois dirigée vers la liberté d’expression, ciblée vers des individus spécifiques.
Un carnage pour quelques dessins, opinions. Rien ne justifie ça.
Cette dure et froide réalité me frappe au ventre et me prend la gorge.
J’ai la nausée et je suis révolté. Je suis comme anesthésié et pourtant une sorte de malaise se saisit de mon corps.

Sur mes rétines s’impriment tous ses avatars noirs qui se multiplient sur les réseaux sociaux. Je scrolle et les voila qui s’alignent. Réunis dans l’horreur, dans l’indicible, dans l’impensable.

Je peine à arriver à exprimer ce que je ressens.
Et je ne sais quoi écrire.
Et pourtant je le dois.
Au-delà des  résolutions de Nouvel An, je me dois encore aujourd’hui plus que les autres jours d’écrire. De lutter contre cette violence qui veut faire taire la voix de la liberté par les plus ignoble des façons.

Je ne sais pas quoi dire ou écrire mais je sais qu’il faut que je fasse entendre ma voix, même un simple murmure perdu dans l’immensité du Net, même si ce n’est que quelques mots.
Sans trop en faire pour l’instant, contraint peut être par les émotions qui m’étreignent.
Peut être pas grand chose mais suffisamment pour lutter et montrer que nous ne céderons pas à l’intimidation et à la violence d’où qu’elles proviennent.

Pas grand-chose à écrire si ce n’est ces 3 mots :
Je suis Charlie.